WRC: Citroën sur le départ?

Translating…

Citroën C3 WRC 2019

Pour le moment, ce n’est ni confirmé ni infirmé. Selon certaines rumeurs, Citroën mettrait fin à son programme WRC avec effet immédiat. Pourtant, côté dirigeants, on fait comme si de rien n’était.

Il y a deux jours,Pierre Budar, le patron de l’écurie Citroën Racing, donnait une interview au quotidien L’Equipe. Dans cette entrevue, il affirme que Citroën a unplan sur deux anspour conquérir le titre et qu’il faudra mettre plus de ressources pour cela.

Hier, plusieurs médias ont fait état du départ de Citroën dès la fin de cette saison. Alors qui croire ? L’annonce surprisedu retour de Peugeot en endurance WEC en 2022fait dire à beaucoup que cela va pousser Citroën à jeter l’éponge en rallye. Pourtant, il a été clair par le passé que les 3 marques (4 désormais avec Opel) avaient chacun leur programme sportif. DS est en Formule E, Citroën en WRC après le WTCC, et Peugeot au Dakar, en WRX puis en WEC après une pause de plusieurs années.

Surtout, l’arrêt immédiat du programme WRC seraitun terrible aveu d’échecpour les chevrons ! Revenu officiellement il y a 3 ans, Citroën a visiblement cru pouvoir y arriver sans y mettre des moyens plus importants. Après 2 saisons mitigées, le recrutement de la paire sextuple championne du monde Ogier/Ingrassia laissait espérer des jours meilleurs et un budget en hausse.

2019 a alternéle bon et le moins bon. Le bon avec une bonne première demi-saison pour Ogier : 2 victoires, 2 secondes places, 2 troisièmes places et un rallye de Suède seule ombre à ce tableau. Lappi moins en forme avec une seconde place, mais deux abandons et un rallye sans point. Après le Portugal (épreuve 7/14 de la saison)Ogier comptait 142 points contre 140 à Tänak et 132 à Neuville.

Ogier/Ingrassia chez Toyota ?

Le moins bon, c’estla deuxième moitié de saison. 1 seule victoire et 1 troisième place pour Ogier quand le champion 2019, Ott Tänak signait 3 victoires et 1 seconde places en 6 rallyes. Le RACC avec une panne hydraulique dès l’entame du rallye pour Ogier et un souci moteur pour Lappi ont parachevé cette deuxième moitié de saison.

Sur les 6 derniers rallyes,Ogier c’est 75 points, Tänak 123 (!) et Neuville 95. Elle est là la perte du titre pour Ogier. Tänak est resté à 20 points par rallye comme sur les 7 premières épreuves et pourtant la Toyota n’a pas été épargnée par les soucis techniques, ce qui a convaincu en partie Ott de filer chez Hyundai. Ogier de son côtépasse de 20 à 12 points par rallye! Pire, en n’ayant que deux voitures pour marquer des points,Citroën a fait une croix d’entrée de jeu sur le championnat constructeur.

Citroën et le rallye : je t’aime moi non plus

Les dirigeants de Citroën veulent-ilsarrêter le massacreou au contraire mettre toutes les chances de leur côté pour rebondir ? La voiture estcapable de gagnerface à deux concurrentes de taille que sont la Toyota Yaris et la Hyundai i20. Il ne doit pas manquer grand chose pour franchir un pas supplémentaire et revenir au plus haut niveau.

Oui mais, voilà,Linda Jackson, qui est favorable au WRC et pourrait consentir à de plus gros « efforts » financiers, devrait être remplacer prochainement au poste deDirectrice de Citroën par Vincent Cobée. Sera-t-il aussi favorable au rallye et lui laissera-t-on le loisir de choisir ?

Tout sembleentre les mains de Sébastien Ogier. Avec le départ de Ott Tänak de chez Toyota pour Hyundai, Ogier est courtisé par Mäkkinen. Frustré (euphémisme) par cette année 2019 et le manque flagrant d’évolution sur la C3, on le dit partant (avec Evans vu chez Mäkkinen ces derniers jours NDLA). Si Ogier part (il cherche à casser la dernière année du contrat), les plans de Citroën pourraienttomber à l’eau. Sur le marché les pilotes potentiels champions du monde ne sont pas légion et sont déjà pris. Une annonce pourrait être faite par Toyotala semaine prochaineet pourrait faire effet domino. A suivre.

Le WRC fait la même erreur que d’autres championnats

Le rallye mondial est malade. Si Citroën s’en va, il ne restera que deux constructeurs officiellement engagés accompagnés par M-Sport qui fait du très bon travail vu les finances.

En fait, le WRC faitla même erreurque d’autres championnats avant lui : laisser les constructeurs diriger les règlements et faire exploserles budgets. WTCC, WEC, F1, WRX, etc. Ils sont nombreux les championnats qui se sont mordu les doigts d’avoir laisser la bride sur le cou des constructeurs.

Il n’y a pas si longtemps, courir en WRC ne coûtait pas « si cher ». Résultat,des privésvenaient régulièrement grossir les rangs et donner une belle réplique aux « pros ». Cela permettait aussi de voir certains talents émerger. En 2016 par exemple, il y a 10 pilotes qui font la saison (dont un certain Ott Tänak en Ford Fiesta sponsorisée par D-Mack). Mais, il y a aussi 16 pilotes privés qui font une partie de la saison, ou pour certains un ou deux rallyes seulement.

L’arrivée de VWa fait exploser les budgets du WRC. De quelques millions on est passé à plus de 40 sous l’ère de la Polo. Sauf queVW a claqué la portesans se retourner suite au scandale du dieselgate. Le WRC a réussi à rebondir avecl’arrivée de Toyota. Mais, Toyota et Hyundai ont continuécette guerre des budgets. Désormais pour un privé, une WRC est hors d’atteinte. LesOstberg, Breen, Paddon,et autres bons pilotes sont à pied ou se contentent du WRC2 PRO,os à rongercréé par la FIA.

Le WRC doit revenir à des voitures plus simples, plus comme les voitures de madame et monsieur « tout-le-monde » (ah l’époque de Colin McRae en Subaru Legacy sans aileron !) et surtout moins chères. Le départ éventuel de Citroën marquera-t-ille réveil du WRC ?On dit que Subaru pourrait aussi revenir en 2022 avec un Solberg au volant : Oliver, le fils de Petter. Comme quoi on a sans doute tort et il faut laisser les constructeurs jouer entre eux.

Illustration : T. Emme/Leblogauto.com

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