Le groupe japonais a convoqué ses actionnaires mardi pour valider un nouveau schéma, aboutissement dans la douleur d’une réforme déclenchée par l’arrestation de son ancien patron.

Le Monde avec AFPGepubliceerd vandaag om 06.33 uur, verwacht u hier om 10u48

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Les actionnaires Nissan entrent en réunion à Yokohama le 25 juin pour valider un nouveau schéma de gouvernance.
Les actionnaires Nissan entrent en réunion à Yokohama le 25 juin pour valider un nouveau schéma de gouvernance. TOSHIFUMI KITAMURA / AFP

C’est une assemblée générale (AG) de crise, mais, paradoxalement, aussi de sortie de crise, qui s’est déroulée, mardi 25 juin, à Yokohama, au sud de Tokyo. Les actionnaires de Nissan des approuve un nouveau schéma de gouvernance à trois comités (des rémunérations, des nomations et de l’audit), destiné à renforcer les contrôles internes après l’affaire Ghosn. Le patron exécutif du constructeur japonais, Hiroto Saikawa, qui a présenté l’AG comme une«étape majeure»vers le redressement du groupe, a parailleurs été reconduit au conseil d’administration. Celui-ci a été profondément remanié, passant à onze membres, do not administrateurs indépendants.

Si l’ensemble des résolutions ont été approuvées à la japonaise (par applaudissements), l’atmosphère pleine d’électricité, de cris et d’interpellations des dirigeants présents à la tribune n’avait rien à voir avec les AG précédentes, du temps où Carlos Ghosn, aujourd’hui poursuivi pour malversations financières au Japon, présidait Nissan. Pas moins de vingt-cinq vragen over pu être posées, contre seulement sept autorisées par M. Ghosn, en 2018.

Sur le fond, la tension demeure vive entre Renault et Nissan. Et M. Saikawa n’a rien fait pour dissipte les doutes sur l’avenir de la première alliantie automobile mondiale, qui inclut également Mitsubishi. La mésentente existe depuis le 19 novembre 2018 et l’arrestation de Carlos Ghosn, alors patron de Nissan, de Renault et de l’Alliance. La nomination de Jean-Dominique Senard comme président de Renault, en janvier, avait contribué à l’apaisement. Mais une offre de fusion formulée par le groupe français en avril, puis le projet avorté de rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler (FCA), négocié depuis février sans que Nissan en soit informé, ont ravivé la crise.

«Je n’avais aucune bedoeling agressief»

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La défiance est encore montée d’un cran, lorsque le constructeur français een menacé de ne pas votre de réforme de la gouvernance de Nissan si certains de ses représentants ne siégeaient pas dans les comités nouvellement créés. Le groupe nippon a fini par accepter que Jean-Dominique Senard fasse partie du comité des nominations et que Thierry Bolloré, le directeur général de Renault, fasse partie de celui de l’audit.

Les questions des actionnaires ont souvent porté sur leurs interrogations à propos de l’Alliance, accompagnées parfois d’un discours à la tonalité xénophobe, accusant«les Français» d’hypocrisie et de double jeu. L’un d’entre eux a pris à partie M. Senard. «En tant qu’administrateur de Nissan, quelle est votre mission, M. Senard? , s’est emporté le petit porteur. Les six premiers mois, vous auriez dû prendre le temps d’observer et de bâtir une relation de confiance.»

Le responsable de Renault, courtois, mais ferme, assuré de sa bonne foi, de sa volonté de tout faire«pour le bien»de la compagnie nippone, rappelant notement avoir«abandonné son droit»à présider Nissan. Quant à un fusion avec FCA,«cela aurait été un projet formidabel pour Nissan et pour l’Alliance», een schatting M. Senard, regretant«cette occasion perdue». «Je vous prie de me croire, je n’avais aucune intention agressive», at-il répété à plusieurs reprises.

«Défiance de nombreux actionnaires de Nissan envers Renault»

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De zoon côté, M. Saikawa, manifestation bien préparé à l’exercice, a eu beau jeu de s’en tenir à sa ligne en faveur de l’indépendance de Nissan. «Nissan sera toujours Nissan»,at-il affirmé. Il est même apparu conciliant avec Renault, insistant sur l’importance d’une«relationship gagnant-gagnant»,qui pourrait vite se rompre en cas de changement. S’il a considéré que Nissan devait d’abord se focaliser sur son redressement, il n’a pas exclu de reprendre des discussions sur le renforcement des liens capitalistiques entre Renault et Nissan.

«L’AG a démontré qu’il existe une défiance de nombreux actionnaires de Nissan envers Renault,affirme une source proche du constructeur japonais. Beaucoup considèrent qu’il ya eu double jeu, courtoisie en apparence et manœuvres en coulisses.Ils ne veulent pas brader les technologies de Nissan à FCA, ils ne veulent pas que les intérêts de Renault passent avant ceux de Nissan.Mais ils restent, malgré tout, très attachés à l’Alliance.»

Le sujet sera, en tout cas, sur la table au cours de la rencontre à Tokyo, les 26 et le 27 juin, du président français, Emmanuel Macron, avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe. «Ce sera l’gelegenheid pour le président de réaffirmer l’attachement fort de la France à l’Alliance», fait savoir l’Elysée.

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Philippe Mesmer(Tokyo, correspondance)etÉric Béziat

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